Fait partie du top 10 des meilleurs agents du C2i
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Me voici dans le hall du C2i : une organisation gouvernementale chargée de l'exécution de personnes dites "sensibles".
Sensible, est justement le qualificatif qui ne fait pas partie de notre vocabulaire : on pense meurtre, on vit meurtre. Ici au C2i, pas d'état d'âme.

Le grand chef - nom de code : U.L one - me demanda de me rendre à l'endroit habituel pour y recevoir une communication "personnelle". Je me rendis donc dans la zone industrielle d'Acter, au sud de la ville d'Alderney.

Dès l'instant où je sortis de ma voiture, je me précipitai vers le téléphone public à proximité pour recevoir cette conversation si attendue.
Il s'agissait de tuer une personne dont le nom ne me fut pas communiqué. Tout ce que mon interlocuteur me dit, était qu'il fallait
que je me rende près d'un canal où la cible serait en position à bord d'un yacht. Il me précisa que cette cible devait être abattue, ainsi que les éventuels témoins sur le bateau.

Comme d'habitude, U.L. one avait eu la bonne intention de faire mettre à ma disposition un fusil de précision ainsi qu'un gilet pare-balles. Je m'en emparai et disparût, dans la nuit, vers le point de rendez-vous.

Arrivé à l'endroit prévu, j'arrêtai la voiture et me dirigeai vers le point de vue. Tout était en position, le yacht était bien là. À priori, plusieurs personnes se trouvaient à bord : il s'agissait de bien viser et de tirer rapidement, sans quoi je risquais de me faire repérer. Ne pas perdre de temps était le maître mot.

J'ajustais mon viseur quand tout à coup, je reconnus la fille que je devais abattre : Ophélia Gaines !
Ophélia était mon partenaire lorsque nous faisions nos classes. Je fus tout de suite attiré par son regard, ses attitudes, sa façon de dire : "On s'voit en anglais !"...Elle et moi faisions équipe la plupart du temps, on s'aimait, on sortait et on coucha même plusieurs fois ensemble.
À l'issue de la formation, je fus retenu, pas elle. Depuis le triste jour de l'annonce des résultats aux tests d'aptitude, je n'eus plus aucune nouvelle d'elle. Je pensais qu'elle avait fini par réintégrer une vie normale : Un mari, avocat ou médecin, un S.U.V, un chien et 1,5 gosses : comme tout le monde.
Je n'avais pas le choix : c'était elle ou moi. Si ma mission n'était pas remplie, j'étais bon pour être révoqué. De plus, l'émergence de tous ces souvenirs me firent un peu perdre mes moyens et j'attendis trop longtemps avant de l'abattre, elle et ses complices. Au moins une bonne dizaine de personnes m'avaient vu tirer avec mon fusil : la police était sûrement déjà en route.

Je décidais d'appeler Double M par la ligne d'urgence. Quelques secondes me suffirent pour lui dire que je le haïssais car il m'avait forcé à tuer mon ancienne partenaire.
Malgré le pont d'or qu'il m'offrit pour renoncer à quitter le C2i, je me résolus à quitter cette organisation qui n'avait fait que pourrir ma vie.

Au moment même où je partis, un flic s'approcha de moi pour me mettre les menottes. J'eus à peine le temps de sauter dans ma voiture et m'enfuir. Je savais à cet instant que c'était le début de la fin.

Une voiture était déjà à mes trousses. IL s'agissait d'être rapide pour ne pas tomber entre leurs mains.

Voyant qu'ils n'était pas décider à en démordre, je leur tirai dessus en pensant que c'était la meilleure solution pour m'en débarasser. Je venais de me condamner à la peine capitale !

Devant moi, le néant.
A présent, tout m'était égal. Ophélia tuée, plus rien ne m'importait.
Je tentai de mettre les pièces du puzzle en place dans ma tête :
Si je m'arrêtai ? Ils me coffraient et aucun avocat n'aurait pu m'empêcher d'être condamné à la peine de mort.
Si je continuai ? Ils ne lacheraient pas le morceau.
La seule solution était donc de courir jusqu'à mon dernier souffle.
A présent, les seules choses auquelles je pensais étaient l'image d'Ophélia souriante, se pendant à mon cou et m'embrassant, les yeux passionnés... et celle de la voiture de police dans mon rétroviseur.

Alors que, pour la 12ème fois, je repensais au charme de ma bien aimée Ophélia, je ne vis pas que je déviais de ma trajectoire et je remarquai encore moins ce cabriolet vers lequel je foncai. L'accident était inévitable. J'espère que le chauffeur est en vie.

Ma berline était inutilisable. Il fallait continuer la poursuite à pied. Le temps de m'extraire de la carcasse de mon véhicule, la police était déjà sur les lieux de l'accident. Il me fallait, plus que jamais, garder la tête froide.

Je ne sais plus combien de temps j'ai couru, mais suffisament pour être pratiquement épuisé. Je ne connaissais pas l'endroit où j'étais. j'errais dans un dédale de ruelles toutes plus sombres les unes que les autres, quand soudain : un escalier. C'était peut-être ma seule chance !

Mauvais choix que cet escalier : il me mena tout droit vers l'autoroute !
Contrairement à ce que je pensais, les flics étaient toujours à ma poursuite. Je n'avais d'autre choix que de traverser la voie rapide au péril de ma vie.

Les tirs des policiers en avaient effrayé plus d'un dans le quartier. Par chance, un chauffeur de camion fut effrayé et s'enfuit en laissant derrière lui son véhicule. Je m'en saisis et continuai la poursuite. Pour ne rien arranger, un hélicoptère s'était joint à la partie.

Dans ces moments là, vous ne savez pas où aller. La première option qui vous vient est toujours là bonne. Votre destin devient incontrôlable. Tout ce que je savais c'était que si je m'arrêtais, j'étais mort.
Le camion était désespérément trop lourd : Jamais je n'arriverais à m'en sortir dans ce bahut. Il fallait que je change de véhicule. Je jetais mon dévolu sur ce pauvre Rebla.

Toutefois, change de véhicule ne suffit pas à berner les policiers qui continuaient toujours la poursuite.
Ma vue commença à se brouiller. Mon instinct me dit que je n'en avais plus pour très longtemps à vivre. De plus, dans ma fuite, je n'avait même pas fait attention à la balle qui s'était logée dans mon dos.

Le fait de penser à cette balle ne fit qu'en accentuer la propriété : mon dos me fesait de plus en plus mal et il était impossible que je conduise correctement dans cet état. Il ne me fallut pas beaucoup de temps avant de m'encastrer dans un arbre.

Je m'extirpai péniblement de la carcasse du Rebla et je vidais mon chargeur sur ces maudits flics. Ils n'avaient pas abandonné la poursuite et tenaient absolument à me tuer...

...qu'il en soit ainsi après tout.
Je ne ressentais plus la douleur. A présent, je pouvais m'endormir en toute quiétude, je savais que plus rien ne viendrai se mettre entre Ophélia et moi.
La seule question qui me vînt à l'esprit était celle-ci : Si je la retrouve, saura-t-elle me pardonner de l'avoir tuée ?
FIN
Par : Morgan Merryweather

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